Les méthodes actives… c’est quoi?

Extraits du site web du 19ème colloque AIPU:

Les méthodes actives conduisent les étudiants à saisir le sens des activités proposées, à utiliser les connaissances déjà acquises, à chercher les ressources pertinentes, à faire preuve d'esprit critique, à confronter leur point de vue, à intégrer leurs savoirs nouveaux, à établir le bilan de leurs propres compétences...

[…] Former des individus capables de gérer le potentiel acquis pendant la formation, d'entreprendre et de créer.

[…] les méthodes [actives] placent l'étudiant au centre du processus d'apprentissage.

 

Quelle pertinence pour les méthodes actives dans l'enseignement supérieur ?

Pour ceux qui vont au-delà de la question : qu'est-ce que je vais enseigner ? Et se demandent aussi : Comment mes étudiants vont-ils apprendre ?

Méthodes actives mises à part, l'enseignant doit se poser la question : Qu'est-ce qu'apprendre ? ([12], atelier).
- Comment apprend-on ? Examiner et remettre en question ses représentations sur l'apprentissage.
- Comment l'étudiant apprend-il ?
- Quelles sont les conditions qui favorisent l'apprentissage ?
- Quel est le rôle de l'enseignant ?
- Pourquoi les méthodes actives renforcent-elles l'apprentissage ?

Le site de du Réseau CEF (Suisse)
http://www.unige.ch/formev/rcfe/
On ne peut pas développer l'esprit critique ou l'esprit d'indépendance avec un enseignement traditionnel, essentiellement basé sur les capacités de séduction par le verbe de l'enseignant (en cours magistral ou même en TD).

Face à la demande croissante de professionnalisation des filières, il faut réfléchir aux compétences à faire acquérir à nos étudiants (communiquer, leadership, séparer l'essentiel de l'accessoire, faire face à l'incertitude, travailler en équipe, etc.).

Augmenter la motivation des étudiants et les aider à acquérir des compétences durables et adéquates.

Tenir compte de l'évolution de la jeunesse (et notamment de la place du multimédia dans leur éducation antérieure).

Par cette méthode, on souhaite éviter que :
- les matières "vues", et soi-disant "apprises", soient "oubliées" 2-3 mois après l'examen
- les entreprises reprochent aux étudiants de ne pas prendre d'initiatives

L'idée est de "créer le besoin d'apprendre", c'est ici que ce site le rôle de l'enseignant : fournir un contexte.

 

Comment les méthodes actives s'implantent-elles dans l'enseignement supérieur ?

Construire une formation d'ingénieurs : le rôle de l'apprentissage actif [1] .

Renouveau pédagogique dans les études médicales [34].

Il faut accompagner les nouveaux dispositifs pédagogiques (un cours, une filière…) de réflexions sur leur conception et aussi leurs effets. Pour cela une démarche de recherche est utile (théories de l'apprentissage, recherches sur l'évaluation,…) . Se poser aussi la question : Pourquoi changer ?

Il faut des enseignants formés ou, à défaut, des conseillers pédagogiques. Donner envie aux enseignants d'apprendre de nouvelles façons d'apprendre, apprendre à se renouveler

Au départ, il suffit d'un groupe d'enseignants formés et motivés. Des enseignants près à sacrifier la quantité pour la qualité, i.e. prêts à réduire la quantité pour favoriser un apprentissage en profondeur.

Il faut aussi des institutions prêtes à valoriser le travail pédagogique de ces enseignants (et non plus seulement leur recherche et leurs publications scientifiques).

 

Quels effets obtient-on avec les méthodes actives ?

La chaire des sciences de l'éducation qui regroupe l'institut de pédagogie universitaire et multimédia (IPM) et le département de psychologie de l'éducation travaille en partenariat avec des institutions : Pour évaluer les effets de l'introduction des méthodes pédagogiques innovantes, telles les méthodes actives, sur les étudiants. Il s'agit de chiffrer et interpréter la perception de l'étudiant, celle-ci étant déterminante pour sa motivation et son engagement, par des techniques de sondages et des statistiques adaptées [23, 24].

Lire et écrire une communication scientifique (CS) : oui mais pas seulement [55]. Il faut adapter le contenu et les activités à la demande des étudiants : qu'est qu'une CS ? Analyser une CS ; Evaluer une CS…

Une efficience cognitive [57] : contrôler le rapport entre les résultats obtenus et l'énergie dépensée pour les obtenir. Les méthodes actives sont un moyen pour savoir comment optimiser son apprentissage.

7 clés d'évaluation d'un dispositif d'apprentissage : pour qui (la population visée) ? quand (le moment) ? Par qui (les intervenants extérieurs) ? Sur quoi ? Pourquoi ?Avec quoi (les moyens) ?Où (le lieu) ?

Atelier [12]
Des documents pour l'évaluation des enseignements
http://www.unige.ch/formev/rcfe/telechargement2.html

 

Les méthodes actives: une contribution à la lutte contre l'échec ?

Une formation relais, pour les étudiants qui abandonnent en cours de première année d'université. Elle est basée sur un travail de plusieurs mois sur son projet personnel mais aussi sur les compétences de l'étudiant (gestion du temps, prise de notes etc.). Voir une recherche sur l'impact de cette expérience belge [22, 58].

Le projet professionnel : aider l'étudiant à devenir sujet de son parcours à l'université, faciliter son insertion et son orientation à l'université et dans le monde du travail. A l'aide d'un tuteur qui encadre sa démarche de questionnement comme une recherche (poser le problème, faire des recherches biblio, interviewer les experts, analyser, synthétiser). Une expérience montée à Lyon en 1984 et qui se propage dans les université françaises grâce à l'association Trouver/Créer [59].

Les CEFER (Québec), des écoles-entreprises pour les élèves (entre 16 et 22 ans) les plus défavorisés afin de les insérer dans le monde du travail. Des enseignements de base pratiques : on apprend le français avec des textes sur le droit du travail, on apprend les mathématiques en gérant son budget etc. Des enseignements expérentiels autour de la récupération et du recyclage. Des recherches sont menées afin d'évaluer cette expérience et d'améliorer les méthodes pédagogiques d'enseignants pas toujours conscients des postulats qui sous-tendent leur pratique [60]. Les résultats sont là, les élèves acquièrent des compétences et des attitudes face au travail et à la hiérarchie qui séduisent les employeurs.

Identifier les apprenants [43] : Les visuels, les auditifs, les olfactifs, les kinesthésiques.


Quels sont les facteurs d'efficacité des méthodes actives ?

Un plus, créer des modules (UE) inter-dicsiplinaires autour d'un thème et développer un système d'évaluation adapté.

L'enseignant s'entoure d'une équipe qui définit un projet pédagogique, ses objectifs, son suivis, son évaluation.

Développer un enseignement centré sur l'étudiant, avec des objectifs d'apprentissage clairs et précis.

Savoir à quelle population d'étudiants on s'adresse : leur capacités cognitives à appréhender les méthodes d'apprentissages proposées (par exemple basées sur les TICE), leur parcours (en échec ou pas)… [42].

L'enseignant n'est plus le transmetteur du savoir, il est le facilitateur [10]

Il convient de mettre en place un syllabus - un descriptif des objectifs et des attentes des enseignants très structuré [10]


Méthodes actives et grands groupes ?

Un cours de philosophie pour des futurs ingénieurs afin d'augmenter leur motivation et leur acquis. On peut gérer 400 étudiants repartis en groupes de travail autour d'un thème et d'un tuteur (parfois un retraité expert dans le domaine). Un dispositif soutenu par une plate-forme maison et open-source, CLAROLINE, et utilisant largement Internet [75].

Une tendance générale à l'organisation par groupes de 6-8 pour 1 tuteur.
Les consignes doivent être claires et précises, dans des délais très courts.
Valeur ajoutée pour les étudiants : motivation, échange d'information, communication-tuteur, formalisation par le passage à l'écrit (forum, e-mail), la souplesse-temps.

Usages des boîtiers de vote en amphithéâtre [69].

 

Les TICs : catalyseur, moteur ou frein pour les méthodes actives ?

Introduire le jeu dans des études sérieuses pour que les étudiants " se prennent au jeu ": formation des futurs enseignants de langues. Le logiciel MOO permet de créer des espaces virtuels, par exemple les étudiants sont invités à jouer un cours de langue (un étudiant dans le rôle du prof…). Toutes communications par voie de chat, forum et échanges de documents sont ensuite analysées et permettent aux étudiants de prendre du recul sur leur façon d'enseigner et d'apprendre [67].

Les logiciels utilisés doivent être très facile d'approche. 1/2 heure max pour l'apprentissage de leur utilisation [10].

Les étudiants égaux devant les nouvelles technologies ? [110].

Une pédagogie dynamique pour les mathématiques [65]

Les TICs nécessitent du tutorat. Les enseignants-tuteurs sont très vite débordés et démunis par cette forme d'interactivité. Il faut apprendre à gérer ce flux d'informations. Canaliser l'infos. [49]
Comment l'apprentissage peut-il être facilité par les TICs ? Analyser les besoins par rapport au projet [63].

Avant d'utiliser les TICs, il faut amener les enseignants à reflechir sur les apports théoriques et pratiques qu'ils veulent mettre en œuvre. [63]

Avantage certain des TICs : ils permettent de mettre dans un même endroit, accessible a tous, et de façon tres rapide, des documents/données.

 

Comment évaluer les étudiants dans le cadre des méthodes actives ?

L'évaluation par l'enseignant ou par l'étudiant seront-elles différentes ? Peut-elle être négociée ? Recherches basées sur la théorie des conflits socio-cognitifs [52].

S'auto-évaluer ou se faire évaluer par les autres étudiants [56]. Une grille d'observation évaluative détaillée d'un bref exposé didactique.


Comment former les enseignants aux méthodes actives ?

Le futur enseignant apprend les rôles qu'il sera amené à jouer : metteur en scène, tuteur, entraîneur méthodologique, intervenant méthodologique, médiateur de conflit et de coopération [6].

L'apprentissage par projet (APP) : le rôle primordial du tuteur [8]. Pas de savoir ou de contenu nouveau à apprendre mais un encadrement par le tuteur dont le rôle est quadruple : un rôle pédagogique, un rôle social, un rôle d'organisateur, et un rôle technique.

Un tutorat différent selon le type de difficulté [9].

La formation des enseignants doit leur permettre d'expérimenter plusieurs types d'activités :
1. Activités traditionnelles : cours, exercices…
2. Méthodes actives : échanges, recherches, exposés, jeux de rôles, simulations, stages…
Dans chacune d'entre elles, on peut distinguer ce qui relève de l' " identification " à un modèle, une théorie, ou un milieu, et ce qui relève plutôt de l' " identisation ", c'est-à-dire ce qui implique une prise de position personnelle, ou une réflexion sur son apprentissage [7].

Les conseillers pédagogiques (au Québec) reçoivent les enseignants en consultation privée. La demande est forte de la part des enseignants confirmés [70].

Intervention de chercheurs en science de l'éducation dans des stages proposés aux enseignants du supérieur, une expérience chilienne [71].

Des ateliers de formation à la pédagogie en milieu universitaire (Espagne) [89].

 

Comment sensibiliser les étudiants aux méthodes actives ?

Créer le besoin d'apprendre : fournir le contexte, le sens, la question, dès le départ.

Les former au travail en équipe et leur communiquer clairement ce que l'on attend d'eux, par exemple dans un travail d'équipe.

Les associer au travail d'évaluation d'impact d'une nouvelle méthode pédagogique (participation à la réalisation de questionnaires) [23, 24].

Travail des étudiants sur un projet interdisciplinaire. Il est important que le projet puisse être visualisé par les étudiants, exemple : réalisation d'un robot [16].

Pour les étudiants, l'APP (apprentissage par projet) permet l'apprentissage de la collaboration, de la publication sur le web, de la communication,…


Sandrine Charles, Isabelle Kraus, et Muriel Ney, juin 2002.